Manu Masko s’est une nouvelle fois prêté au jeu de l’interview pour Vecteur Magazine. Une conversation franche, directe, à son image, où il est question d’évolution, d’époque, d’outils… mais surtout de scène.

Sur la manière dont la musique se consomme aujourd’hui, Manu ne cherche pas à polémiquer. Les plateformes, le streaming, Spotify : le paysage a changé, et il faut composer avec. Inutile de ressasser une nostalgie stérile. « On est dans une époque où c’est comme ça », assume-t-il. Le monde avance, la musique aussi.
Là où le sujet devient plus intéressant, c’est lorsqu’il évoque l’Intelligence Artificielle. Pas de posture alarmiste. Pas de rejet systématique. Manu l’utilise lui-même comme outil. Il reconnaît son potentiel, sa capacité à ouvrir des perspectives. Mais il pose une limite claire : la création artistique ne se résume pas à une production automatisée.
Car au cœur de tout, il y a l’expérience humaine.
Sur scène, rien n’est programmable. Rien n’est reproductible à l’identique. Une respiration, une tension, un regard échangé entre musiciens, une réaction du public : c’est là que la musique prend sa pleine dimension. « Lorsque je suis sur scène, tout ça n’existe pas », dit-il en parlant de l’IA. Aucun algorithme ne peut rivaliser avec l’énergie brute d’un groupe qui joue ensemble, en temps réel.
Pour The Celtic Social Club, la scène n’est pas un simple prolongement du disque : c’est le centre de gravité du projet. C’est là que les morceaux vivent réellement. C’est là que l’on mesure la sincérité d’un collectif. Et c’est là que se crée ce lien invisible mais puissant entre les musiciens et celles et ceux qui les écoutent.
À l’heure où les outils technologiques redessinent les contours de la création, le message reste simple : n’oublions pas le concert. Parce qu’il s’y passe toujours quelque chose. Et c’est là que toute la magie opère.
