The Celtic Social Club enchante le Whelan’s. Chronique du concert à Dublin dans Hot Press Magazine
Le Celtic Social Club a débarqué au Whelan’s le 4 février dernier dans le cadre de leur tournée You Should Know. La musique trad’ ne fait pas que percer en Irlande, elle explose, et The Celtic Social Club en est la preuve vivante depuis plus de dix ans. Formé en 2013 en Bretagne, le groupe redéfinit les codes en mélangeant les genres sur un beat celtique déchaîné. Hier soir, ils ont balancé un show au Whelan’s qui mélangeait celtique, rock, folk, pop et punk. Certains morceaux étaient hyper ciblés, d’autres exploraient de nouveaux territoires sonores, donnant au set une dynamique explosive mais cohérente. Peut-être était-ce sa prestance nonchalante, l’éclairage, son look noir et blanc, ou le son sombre et bluesy de certains titres, mais le frontman Taylor Byrne avait de sacrés airs d’Alex Turner (époque AM).

L’ambiance générale rappelait une bonne vieille soirée au pub : des potes qui descendent des pintes, des discussions intenses, des éclats de rire et de la musique trad’. Le Celtic Social Club, c’est 2 violons, une basse, des guitares (électrique et acoustique), plus une batterie et des percussions avec planche à laver, cymbales et harmonica. La sérotonine explosait les murs dès le premier morceau, ‘You Should Know‘, avec des martèlements de bottes qui faisaient trembler la scène et le sol du Whelan’s.
« Il fait super chaud ici, non ?« , a hurlé Taylor après vingt minutes de concert. Difficile de savoir s’il parlait de la température réelle ou de l’énergie de la salle. En parlant de chaleur, ils ont joué ‘Sunshine’, illuminant la salle avec des paroles optimistes et romantiques comme « On a beautiful morning that came without warning » et « It’s a beautiful feeling that got me believing ».
The Celtic Social Club au Whelan’s le 4 février 2026. Crédit photo : Maizy Kharrazian/hotpress.com
Certains morceaux rappelaient les ballades pop acoustiques du début des années 2000, façon The Script ou The Fray. ‘Suffer For You’ s’impose comme un classique rock ultra efficace. Les longs instrumentaux trad’ avec les violons en première ligne s’enchaînaient sans fausse note, soulignant la capacité bluffante du groupe à fondre les styles.
Mathieu Péquériau s’est déchaîné aux percussions et à l’harmonica, transformant des ballades nostalgiques en véritables hymnes de taverne, comme sur ‘Pauper’s Funeral’. En concert, le groupe demande d’habitude au public de reprendre en chœur ‘El Dorado’. Taylor a expliqué avec nonchalance qu’il ne voulait plus faire ça en tant que chanteur, trouvant trop facile de faire chanter les mots « on the road« . Il a continué à provoquer la foule en criant « ne le faites pas« . Évidemment, personne n’a obéi, et la foule a chanté à pleins poumons, comme si elle faisait partie du groupe.
Vers la fin, Taylor a pris le temps de causer avec le public, avouant qu’il ne parlait pas autant pendant les concerts en France, ajoutant en plaisantant que « personne ne comprendrait« . « Mais là, je suis à Dublin, devant mes amis et ma famille« , a-t-il lancé. Le set s’est terminé avec les guitaristes inclinant la tête, signe que le rideau devait tomber. Le groupe est sorti de scène, juste pour que Taylor et la violoniste Céline Rivaux reviennent immédiatement. Ça n’aurait pas été un vrai concert en Irlande sans les chants « one more tune » à la fin, et Taylor et Céline ont vite été rejoints par le reste du groupe pour envoyer ‘Winter’s Nearly Done’, extrait de leur nouvel album You Should Know.
Le concert a alors explosé en une mini-session trad’, Taylor sautant dans la foule pour danser avec les fans. Pour finir, le batteur Manu Masko a dit quelques mots sur la formation du groupe. Il a parlé de leur alchimie instantanée avec Taylor, arrivé en 2022. « J’ai tout de suite dit : okay, je ne sais pas qui c’est, mais s’il est de Dublin…« , a raconté Manu en introduisant le chanteur. Les applaudissements ont duré vingt secondes avant que la foule ne scande « Olé, Olé, Olé« , couronnant le retour du fils prodige à Dublin.

Traduction de l’article signé Maria Grabarek du media HotPress (l’équivalent des Inrocks ou de Rolling Stone en Irlande)
https://www.hotpress.com/opinion/live-report-the-celtic-social-club-charms-whelans-crowd-23128570
